Quand la beauté prime

C’est simple, nous les détestons. Elles sont parfaites et nous nous sentons invisibles quand elles sont présentes alors nous les détestons. Nous faisons semblant de ne pas remarquer leurs magnifiques vêtements, leurs élégantes chaussures, leur corps fabuleux, leur nouvelle coupe de cheveux et ce maquillage qui leur va à merveille. Nous faisons semblant de les ignorer et nous craignons un face à face avec elles car nous savons qu’elles nous écraseront avec leur intelligence, avec cette fluidité d’esprit qu’elles ont naturellement. Au fond, nous admirons leur beauté mais nous ne l’admettrons jamais. Surtout pas devant elles.

Au travail, elles ne sont pas si chanceuses, elles subissent la jalousie des autres femmes (qui sont parfois leur « boss » ). Quand elles se présentent à une interview, elles se heurtent aux regards perçants de celles qui les détestent déjà. Et pour n’importe quel poste on les étiquette rapidement : elles ont usé de leur charme – même si leur master ou leur doctorat s’affichent clairement, elles ont sans doute profité de leur beauté, c’est évident.

Mais quand est-il de toute cette histoire ?

Je pose la question à cette très belle dame (oh oui, moi je l’admets et je ne les déteste pas, elles sont « belles belles belles comme le jour ») qui me raconte, après un lourd silence, qu’elle est fière d’être jolie et magnifique, voire parfaite. Elle dit qu’elle endure continuellement et que les femmes, surtout celles qui sont mariées, ont peur qu’elle ne leur pique leur « amour », tandis que celles qui ne le sont pas la haïssent encore plus, puisqu’elles la conçoivent comme un pur poison qui envahit les airs. Elle me confie son secret en me chuchotant : « je sais qu’elles m’envient et qu’elles me regardent du coin de l’œil quand je mange, quand je bois, quand je ris ou quand j’embrasse celui que j’aime. Je le sais ça. Mais elles ont beau essayer de cacher leur rancune, leur haine et leur complexe d’infériorité, le fait de ne pas me parler, de ne pas me complimenter, de ne pas être à leur aise quand elles sont à mes côtés me prouve qu’elles sont, non seulement laides mais aussi idiotes. Oui, idiotes, parce qu’elles ne profitent pas de la beauté interne dont elles sont dotées. Cet atout qu’on doit explorer et qui peut se refléter sur notre sourire, notre regard, nos gestes et notre pensée. Certes, je ne pas peux dire qu’elles sont jalouses uniquement car elles sont effectivement dotées de qualités. J’ai mes hauts et mes bas moi aussi mais au moins, j’assume mon existence avec force et fierté. Crois moi, les femmes qui ont la beauté extérieure servent de modèles, celles qui ont la beauté intérieure servent d’exemple. En associant les deux je me retrouve sans succomber à la vanité ; elles, ces femmes qui me détestent, elles ne montrent ni l’exemple, ni le modèle. Et c’est leur faute à elles, moi, je n’y suis pour rien ! »

A l’écouter parler aussi sereinement, je comprends que les belles femmes sont courageuses. Elles savent dès les premières lueurs du jour qu’elles seront confrontées aux préjugés de celles qui, comme cadeau de Noël, souhaitent un brin de beauté, de charme, d’élégance et de distinction. Mais elles haussent leur tête, leurs talons et leurs ambitions et s’engouffrent dans les pépites de la vie.

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